> Accueil > Annuaire > Statistiques & Analyses > opinions et analyses boursieres - Cafe de la Bourse
opinions et analyses boursieres - Cafe de la Bourse
Construit sur le modele d'un blog collaboratif, le site est un espace convivial, ou tous les passionnes de bourse peuvent partager leurs opinions et leurs analyses boursieres.
Cafe de la Bourse propose des analyses boursieres dans de nombreuses categories: biens de consommation, energie et matieres premieres, finance, immobilier, industrie, infrastructure, internet, media & publicite, pharmaceutiques, technologie, telecoms, et tourisme.
Flux RSS
- Un échec heureux: France Télécom ne fusionnera pas avec TeliaSonera :
Un sentiment de soulagement généralisé prédomine indiscutablement après l?abandon du projet de rapprochement entre France Telecom (FTE) et TeliaSonera. Le Français a en effet préféré jeter l?éponge et ne pas donner suite à son offre indicative de 26 milliards d?euro dévoilée le 5 juin dernier.
Le bonheur n?est pas le lot de celui qui s?acharne et France Telecom démontre ainsi que l?obstination est une qualité d?autant plus louable qu?elle ne vire pas au déraisonnable. Car l?offre d?achat de l?opérateur hexagonal n?avait suscité que le scepticisme des marchés financiers et la défiance de la cible. TeliaSonera entendait en effet ne pas se laisser avaler si facilement, estimant que la proposition initiale était grandement sous-évaluée. Les analystes esquissaient quant à eux une moue dubitative au regard des ratios d?endettement élevés de France Telecom : l?opérateur aurait ainsi dû emprunter entre 17 et 18 milliards d?euros pour l?opération, soit une somme difficile à trouver ces temps-ci. Car les perspectives sur les marchés financiers se sont clairement dégradées depuis la première tentative d?approche. L?indice CAC40 a connu un mois de juin catastrophique. Le spectre de la crise des subprimes et son cortège d?incertitudes sur le secteur bancaire sont réapparus au premier plan.
De quoi donner des sueurs froides aux dirigeants de France Telecom, pourtant tentés par un projet de croissance externe dans un secteur qui, quoi qu?il en soit, poursuivra son mouvement de consolidation dans les années à venir. Mais l?opérateur français n?avait clairement pas les reins assez solides pour faire monter les enchères. D?autant que la question de la pertinence du projet en termes de création de valeur se serait alors posée. Dans ce contexte, la direction a préféré temporiser.
Le marché a applaudi des deux mains cet avortement précoce tandis que les actionnaires de France Telecom retrouvaient le sourire. Le directeur financier du groupe, Gervais Pélissier, a admis:
“si les liquidités n’ont pas intégralement utilisées, il n?y a pas de raison de ne pas en rétrocéder une partie aux actionnaires”.
Ainsi, tandis que les indices boursiers s?effondraient en début de semaine, France Telecom était l?une des seules valeurs à tirer son épingle du jeu à la Bourse de Paris.
Nicolas Suiffet – CHART’S N°685
http://www.charts.fr/ - La BCE déclare la guerre à l?inflation :

Même si on s’y attendait, on n’arrive pas à prendre l’annonce avec sérénité. Jeudi 3 juillet, la Banque Centrale Européenne (BCE) a augmenté son taux directeur de 0,25%, à 4,25%. Jean-Claude Trichet, le directeur de la BCE, avait laissé entrevoir cette hausse lors du dernier meeting des dirigeants de la banque. Il a annoncé à la presse que la décision avait été prise à l’unanimitépar les 21 membres du conseil.
Ceci dit, cette decision est la plus controversée de l’histoire de la BCE. Jusqu‘à présent, les décisions de la banque s‘étaient à peu près imposées d’elle-même. Elle augmentait les taux d’intérêt quand l‘économie montait en régime, et les baissait quand la demande menaçait de faiblir. Cette fois-ci, c’est une autre histoire. Cette décision arrive à un moment où l‘économie et l’inflation vont dans des directions opposées. L’inflation avoisine les 4%, bien au-dessus du plafond de 2% que s’impose la BCE, et l‘économie ralentit fortement.
Maitriser l’inflation, à tout prix
Puisque le mandat de la BCE est clairement de maîtriser l’inflation dans la zone Euro, sa crainte de l’inflation est plus grande que sa crainte d’un ralentissement économique : d’où la hausse de taux. Mais certains retorqueront que serrer la vis en ces temps troublés est une erreur. L’inflation récente est surtout le résultat de la hausse du prix des matières premières, en particulier le pétrole et les grains. Le prix de ces produits sur les marchés mondiaux ne seront que peu touchés par la politique de la BCE. Peu après la l’annonce de la BCE, le baril de brut atteignait les 146 dollars US.
Une décision avec un fort impact psychologique
Cependant, il me semble que la décision de la BCE ait une portée largement psychologique. En bons économistes, les dirigeants de la BCE savent que le niveau d’inflation est en partie une anticipation auto-réalisatrice. Si les gens commencent à anticiper une hausse des prix, ils vont demander des hausses de salaire, qui pourrait encore ajouter aux tensions inflationnistes. Ainsi, une inflation largement circonscrite aux matières premières pourrait se transmettre au reste de l‘économie. C’est ce que la BCE essaie à tout prix d‘éviter. Juste après sa décision, Jean-Claude Trichet a souligné que les gens doivent faire confiance à la BCE pour maîtriser l’inflation à moyen terme.
Si tout le monde s’accorde pour dire que l’inflation va revenir vers la plafond de 2% de la BCE, alors les travailleurs modèreront leurs prétentions salariales et les tentreprises réfléchiront à deux fois avant d’augmenter leurs prix. En augmentant ses taux à une période critique pour l‘économie, la BCE souhaite émettre le signal fort qu’elle ne plaisante pas avec l’inflation.
Les autres banques centrales doivent-elles imiter la BCE ?
Un élément de réponse peut se trouver dans les chiffres d’autres économies occidentales. Les tensions inflationnistes sont grandes aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Mais contrairement aux économies du continent européen, à l’exception notable de l’Espagne, ces deux pays ont été très fortement touchés par la crise du crédit et le krach immobilier. L‘économie américaine à supprimé 62000 emplois en juin.
Dans un contexte économique aussi fragile, les chefs des banques centrales peuvent légitimement considérer que les travailleurs seront moins en mesure de négocier leurs salaires à la hausse, et les entreprises moins tentées d’augmenter leurs prix. En Europe, le marché du travail est beaucoup plus rigide et l‘économie plus reglementée. Résultat: les prix sont moins susceptibles de réagir à un ralentissement économique.
Et vous, qu’en pensez-vous ? La BCE a-t-elle raison ?
Ou bien, comme le dit si bien Marc Touati, “stop Trichet” ?
- Interview de Valérie Baudson, Crédit Agricole Structured Asset Management :

Eléments apportés par Valérie Baudson, Managing Director, Responsable du développement des ETF (“Exchange Traded Funds”, aussi appelé trackers) de Crédit Agricole Structured Asset Management.
ETF-Tracker.com: Tout d’abord, de par votre parcours chez CHEUVREUX et maintenant chez CASAM, quelle vision portez-vous sur l‘évolution du marché des ETF en France et en Europe ?
Valérie Baudson: Au premier trimestre 2008, selon une étude effectuée par la banque Morgan Stanley, on comptait pas moins de 1 280 ETF cotés au niveau mondial, soit 51% de plus qu’au premier trimestre 2007 ! Les encours sous gestion connaissent également une forte croissance: 760 milliards de dollars à fin mars 2008, contre près de 600 milliards un an plus tôt, soit, là encore, une progression impressionnante de plus de 26%.
En Europe, le marché actuellement le plus dynamique, Morgan Stanley recensait à fin mars 2008 479 produits pour un total d’encours de 145 milliards de dollars (45% de plus qu’au premier trimestre 2007). Autant d‘éléments qui permettent au groupe Crédit Agricole d’envisager sereinement le développement de la gamme CASAM ETF en 2008.
ETF-Tracker.com: CASAM est déjà présent sur le marché des ETF depuis 2001, pouvez-vous nous faire une rapide présentation des produits existants ?
Valérie Baudson: Je rappellerais d’abord que Crédit Agricole Structured Asset Management (CASAM) est la filiale spécialisée qui rassemble les compétences du groupe Crédit Agricole en termes de structuration, d’ETF et de solutions en investissements alternatifs, et que CASAM gérait, à fin 2007, environ 500 fonds représentant un encours total de 52,8 milliards d’euros.
La gamme CASAM ETF se compose aujourd’hui de trois produits, l’un indexé sur le CAC 40 (CASAM ETF CAC 40), les deux autres sur des références euro et européenne de premier plan (CASAM ETF S&P Euro et CASAM ETF S&P Europe 350). Cette gamme est en cours de développement, puisque nous comptons lancer en 2008 une quinzaine de nouveaux produits…
ETF-Tracker.com: Quels sont les “plus” des produits CASAM ETF?
Valérie Baudson: En premier lieu, j’aimerais souligner que la liquidité de nos ETF est assurée par trois teneurs de marché, reconnus pour leur expérience dans la négociation des ETF: Merrill Lynch, CA Cheuvreux et Calyon. Les produits de la gamme CASAM ETF figurent en outre parmi les moins chers en termes de frais de gestion. Les commissions de gestion prélevées s‘élevant respectivement à 0,25% pour le fonds CAC 40 et à 0,35% pour les fonds actions euro et européennes. Enfin, les produits CASAM ETF, en réinvestissant immédiatement les dividendes nets perçus, offrent à leurs souscripteurs une exposition réellement optimale au marché.
ETF-Tracker.com: Peut-on concilier indices de plus en plus « exotiques », « intelligents » avec des faibles frais de gestion et des fourchettes « bid/ask » étroites ?
Valérie Baudson: Si on constate une légère baisse des frais de gestion au global, les frais de gestion des ETF « exotiques » seront toujours légèrement plus élevés que ceux des ETF « blockbusters » puisque les frais de licence sont plus importants pour les émetteurs. Cela n’a toutefois pas d’impact significatif puisque les ETF « exotiques » représentent une très faible part du marché en termes d’encours sous gestion.
En terme de développement, la stratégie de CASAM est de répondre à la demande de ses clients professionnels en lançant prioritairement des ETF sur des indices reconnus et fréquemment utilisés comme benchmark. Nous voulons offrir à nos investisseurs des ETF de qualité en leur assurant une bonne liquidité, une totale transparence, et surtout une gestion optimale à moindre frais.
ETF-Tracker.com: Quelle est votre stratégie marketing et quels sont vos modes de communication sur vos produits?
Valérie Baudson: Nous avons pour objectif principal de faire connaître nos produits à une clientèle professionnelle européenne : fonds de fonds, asset managers, assureurs, banques privées et hedge funds. Ces clients sont généralement déjà clients du groupe Crédit Agricole, sur ses activités d’asset management, de BFI ou de brokerage et nous capitaliserons sur ces relations. Nous créons par ailleurs une équipe de vente dédiée et spécialisée qui sera – fait novateur dans le monde des ETF – basée au sein des équipes de courtage actions, chez CA CHEUVREUX, le broker européen du groupe.
Comme tous les autres émetteurs, nous mènerons également une politique de communication et de marketing ciblé afin de développer rapidement notre image et la reconnaissance de nos produits.
- Les investisseurs se ruent sur les matières premières :
Bis repetita ?
Nous venons de vivre la semaine boursière la plus angoissante depuis le fameux mini krach de janvier dernier. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le marché des matières repart à la hausse !
Mercredi, la Fed a laissé son taux directeur inchangé à 2%, et n?a pas donné de signe quant à une éventuelle hausse des taux à venir. Voilà qui a déprimé les investisseurs et fait tourner de l??il les marchés actions ! Ils se rendent compte que personne n?est là pour soutenir dollar et lutter contre l?inflation ! Les investisseurs craignent le pire…
Pas de doute : la Fed est prise en étau; la stagflation menace de plus en plus
C?est un fait : l?inflation se développe et la Fed n?y peut rien, tant l?activité économique américaine est faiblarde. La moindre hausse des taux dans ce contexte économique, financier et immobilier pourrait faire imploser l?économie US. Conséquence : la stagflation menace de plus en plus.
Les investisseurs sont non seulement sceptiques quant à l?évolution de l?économie américaine, mais également de plus en plus pessimistes quant à l?évolution de l?économie mondiale en général. L?Europe ralentit et l?Asie est loin d?être à l?abri des soubresauts. La théorie du découplage va-t-elle tenir ? Je vous ai fait part de mes doutes sur ce point depuis quelques mois déjà, ils sont aujourd?hui renforcés.
Partout les banques centrales relèvent leur taux directeur. La Norvège, Israël, l?Inde, la Pologne, la Roumanie, Taiwan emboîtent le pas à l?Angleterre, l?Afrique du Sud, la Chine, l?Australie et tant d?autres pays déjà…
Les propos de Warren Buffett ont donné aux bears du grain à moudre
A son tour, le grand maestro s?inquiète ouvertement d?un glissement probable vers une situation de stagflation. La pire de toutes les situations, à mon avis… et cela a définitivement terminé d?enfoncer le clou !
Il n?en fallait pas plus aux investisseurs pour accélérer leurs ventes sur les marchés actions et démultiplier leurs achats sur les marchés matières. Car matières premières = assurance tous risques quand tout va mal ! C?est LE havre de paix que tout le monde recherche.
Energie: les records sont à nouveau pulvérisés
Les bulls ont plus que jamais la main, dopés par la “non-réaction” de la Fed mercredi. Le dollar est ainsi passé de 1,54 à presque 1,58 en fin de semaine, ce qui a permis au Brent et WTI de passer vendredi au-dessus des 142 $ le baril. Le Sweet Light Crude Oil flirtait avec les 143 $ le baril.
En fin de journée, toutefois, les choses se calmaient un peu; le WTI livraison août affichait 140,40 $ sur le Nymex. Le Brent, même échéance, affichait sur l?ICE londonien 141,07 $.
Ce nouveau rally haussier n?a pas grand-chose à voir avec les fondamentaux. Le regain d?intérêt du brut aux yeux des investisseurs s?explique par la volonté d?adopter une stratégie de préservation. Face aux marchés actions qui se liquéfient, les matières premières constituent un refuge très recherché, pétrole et métaux précieux en tête.
Le mouvement haussier a été amplifié par l?annonce par BP de la fermeture de l?une de ses raffineries près de Rotterdam, pour cause de réparation. Les travaux devraient durer jusqu?au 19 juillet.
Les fondamentaux auraient pourtant pu calmer les ardeurs du cours du pétrole. Il n?en fut rien ! Ni la hausse des stocks de pétrole et produits distillés aux US, ni la reprise de la production sur le champ de pétrole de Bonga au Nigeria n?ont réussi à calmer les angoisses des investisseurs.
Ils voient rouge !Métaux précieux : l?or “assurance tous risques” revient sur le devant de la scène
La décision de la Fed de laisser ses taux inchangés a exercé un impact significatif sur l?or. Le dollar continue de chuter, l?inflation de grimper, ce qui redonne à l?or son intérêt si attirant : meilleure protection anti-inflation, toutes catégories confondues ! Il est capable de protéger le capital contre l?érosion monétaire.

Cours de l?or en US$ l?once sur les trois derniers mois Les investisseurs attendent maintenant avec angoisse la décision de la BCE quant à ses taux directeurs. Et notamment l?impact que ceci aura sur l?évolution du dollar.
Les déclarations de Warren Buffett sur la stagflation ont fait bondir le cours de l?or qui a gagné en une seule journée plus de 25 $. Une hausse journalière record !
L?or pourrait continuer d?avoir le vent en poupe dans les jours à venir, surtout si les investisseurs tablent sur une hausse des taux potentiellement plus forte en Europe qu?aux Etats-Unis dans les mois à venir.Vendredi, le cours de l?once affichait 929 $ livraison août sur le Nymex. Il cote ce matin 934 $.
L?argent a suivi l?or avec nettement moins de vigueur.
Platine et palladium n?ont que peu évolué

Les métaux de base marquent une pause
Les métaux ont connu une semaine d?accalmie après deux semaines de hausse.
En début de semaine, l?ambiance était très morose : le dollar était relativement soutenu, le baril en léger repli et les mauvais chiffres économiques ont calmé les ardeurs des investisseurs. L?indice PMI des directeurs des achats de la Zone euro est en chute libre, le Conférence Board américain et l?indice allemand IFO ne laissent rien présager de bon non plus ; l?économie ralentit de plus en plus.
Du coup, les investisseurs craignent un ralentissement de la demande de métaux en cas de ralentissement économique globalisé.
Le retournement a été très net jeudi, suite au statu quo de la Fed. Le dollar a lâché prise et le brut, l?or et l?argent ont bénéficié d?un fort courant acheteur qui a soutenu les métaux en fin de semaine.
Bonne semaine pour le cuivre.
Les chiffres de la production ont redonné du « peps » au marché : la production de cuivre a reculé de 6,1% en avril par rapport à avril dernier au Chili (principal producteur) ; BHP Billiton a annoncé un repli de 3% de sa production à Escondida, et Codelco, toujours au Chili, a annoncé une chute de 29% de sa production en avril suite aux grèves et fermetures de mines. Des risques de grèves dans les mines planent toujours.
Quant aux stocks, ils sont en baisse tant sur le London Metal Exchange (LME) qu?à Shanghai, ce qui soutient également le cours.
Ce matin, il revient à 8 677 $, en route vers ses sommets.
Concernant le nickel, les nouvelles ne sont pas très bonnes côté demande. Posco a annoncé la réduction de sa production d?inox (acier+nickel) en juillet car les clients reportent leurs commandes dans le temps, pariant sur la baisse du prix de l?inox du fait de la baisse du cours du nickel. Les choses se figent…
L?acier reste un secteur en ébullition. Posco annonce pour la 3ème fois cette année une hausse de ses prix de l?acier. Ceci afin de couvrir la hausse du prix des matières, fer et coke en tête.
De son côté, histoire de ne pas lever la pression, BHP Billiton annonce que les hausses de prix du fer négociées en début d?année sont insuffisantes pour couvrir la hausse des coûts du transport. Sous entendu: attendez-vous à une nouvelle hausse !
Concernant l?aluminium, notons la hausse des stocks et le ralentissement de la demande qui pourraient finir par peser sur le cours.
L?étain est soutenu par une baisse des stocks sur le LME qui atteignent un point bas depuis plus de deux ans.
Le plomb est au plus bas depuis 15 mois, touchant sur la semaine un nouveau record à 1 782 $ la tonne. Hausse des stocks oblige …
Les grains ont le vent en poupe
Céréales : toujours en hausse
Les grains sont cette semaine encore orientés à la hausse, notamment le soja et le maïs qui bénéficient de fondamentaux porteurs.
Livraison décembre, le maïs a atteint le cours record de 7,95 $ le boisseau sur le Cbot.L?Iowa, plus gros état producteur de maïs des Etats-Unis, pâtit des conséquences des énormes inondations. La couche supérieure de la terre a été lessivée sur un grand nombre de surfaces agricoles. Et comme les pluies continuent, on ne compte plus sur de nouveaux semis pour réparer les dégâts causés. Ce dernier espoir s?envole. L?American Farm Bureau Federation estime le préjudice sur la récolte de maïs à 8 milliards de dollars. Le niveau des stocks devrait ainsi tomber à un point bas de 24 ans à la fin de la saison.
Livraison septembre, il cotait vendredi 7,69 $ le boisseau sur le Cbot.
Les régions agricoles consacrées au soja ont elles aussi été touchées par les inondations. Cela dit, à la place de leur maïs endommagé, certains agriculteurs ont commencé à replanter du soja, qui pousse plus vite et nécessite moins d?engrais. Malgré cela, le cours du soja s?affiche en hausse, tiré par le cours du pétrole.
Livraison août, le soja cotait vendredi 15,81 $ le boisseau sur le Cbot.Le blé a lui aussi enregistré une progression de son cours, tiré par la tendance haussière du cours du maïs. En effet, les spéculations vont bon train. Les éleveurs seraient en train d?acheter de plus en plus de blé à la place du maïs pour nourrir leurs élevages animaux, le maïs étant devenu trop cher.
Toutefois, en fin de semaine, le cours du blé se repliait un peu suite aux prévisions très optimistes quant à la récolte à venir.
Livraison septembre, le blé cotait 9,26 $ le boisseau sur le Cbot. Il revient ce matin sous les 9 $.

Cours du blé sur le Cbot en US cents le boisseau Isabelle Mouilleseaux.
© Les Publications Agora France, 2002-2008
————————————————————————————
Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice. - Croissance: L?INSEE prévoit une baisse de régime :
L’INSEE a publié le 19 juin 2008 ses nouvelles prévisions de croissance pour le 2ème semestre 2008. Selon l?Institut de la statistique, après la bonne résistance du premier trimestre, la croissance serait quasi nulle d?ici la fin de l?année. Au total, la croissance serait en moyenne de 1,6 % pour l?ensemble de 2008. C?est moins que ne le prévoit le gouvernement qui continue de tabler sur une croissance comprise entre 1,7 et 2,2 %. Selon l?INSEE, l?arrêt de la croissance en France aurait deux causes principales:
- Le rebond de la croissance mondiale enregistrée au premier trimestre ne dure pas. L?économie mondiale reste affectée par la crise financière. Dans de nombreux pays (Etats-Unis, Espagne, Royaume Uni, Irlande?) la chute de la construction immobilière ne donne pas de signe d?accalmie. L?INSEE prévoit pour la zone Euro comme pour l?ensemble des principaux pays industrialisés une croissance nulle au 2ème trimestre 2008 et de 0,4% pour l?ensemble du 2ème semestre. Dans ce contexte, et avec un Euro qui encaisse seul ou presque le choc du Dollar faible, les exportations françaises ralentiraient sensiblement.
- En France, l?inflation des prix des produits alimentaires et des produits pétroliers alimente la hausse des prix. Le pouvoir d?achat et la consommation des ménages en pâtissent, d?autant que ceux-ci ne semblent pas piocher dans leur épargne pour soutenir leur consommation. L?investissement immobilier des ménages devrait également reculer. Dans ce contexte, la hausse de l?emploi encore sensible au 1er trimestre devrait ralentir et la baisse du chômage s?arrêterait rapidement sans toutefois que ce dernier reparte à la hausse.
Le gouvernement juge ces prévisions trop pessimistes. Le débat porte sur plusieurs points.
- L?INSEE voit-il les choses trop en noir en ce qui concerne l?environnement international ? L?Institut semble assez prudent aussi bien en ce qui concerne le pétrole, le taux de change, la crise financière et son impact sur la croissance réelle, notamment aux Etats-Unis.
*La consommation et l?investissement des ménages peuvent il être plus soutenus. En mai, la consommation a légèrement progressé. Mais selon l?INSEE, il y a plus de risque que l?investissement des ménages soit plus faible que prévu, « si la chute des mises en chantier du début d?année se poursuivait dans les mois à venir » et cela pourrait amputer davantage encore la croissance française.
- Reste l?investissement des entreprises. L?INSEE admet qu?il pourrait être plus élevé que prévu dans un contexte où les tensions persistent sur l?appareil de production et où les marges des entreprises ne reculent pas. Mais le resserrement des conditions de financement des entreprises et le ralentissement de la consommation et de l?investissement en logement des ménages n?inciteront pas les entreprises à relancer leurs investissements.
Au-delà de ces débats, un autre enjeu est celui de la durée de la panne de croissance. L?année 2009 démarrera sans doute sur la lancée de 2008, mais au-delà les incertitudes sont grandes.
- 2009 sera-t-elle l?année du krach chinois ? :
Officiellement, et jusqu?aux Jeux Olympiques, vitrine internationale du pouvoir chinois – tout va bien. La Chine continue de faire miroiter son immense marché de producteurs consciencieux et de consommateurs potentiels aux investisseurs. La Chine accumule des excédents en dollars, la Chine exporte massivement, la Chine importe des biens d?équipements pour lesquels les pays occidentaux se livrent une concurrence féroce.
Officieusement, une réunion extraordinaire du Bureau Politique a eu lieu le 13 juin. En question, la légitimité des élites ? donc le pouvoir ? sujet grave en Chine. La vieille habitude communiste du savoir gardé secret et maquillé à usage de propagande ne peut masquer au monde attentif les fragilités chinoises de court terme : inflation, exposition aux catastrophes naturelles, tensions sociales et politiques, fragilité financière.
La menace de l’inflation …
L?inflation vient de la Chine mais s?impose à elle de l?extérieur. C?est bel et bien la ponction chinoise massive sur la production de pétrole et de métaux qui tend les prix mondiaux, même si peut s?y ajouter un zeste de spéculation ici où là. Mais le pétrole est rare, surtout depuis que l?Irak n?investit plus pour cause de guerre et que la production OPEP plafonne. Le prix du charbon ? largement extrait en Chine ? a augmenté de 33% depuis le début d?année, dans le sillage des prix mondiaux. Comme le gouvernement impose un prix “politique” à l?électricité, nombre de centrales au charbon produisent à perte, ce qui accentue leur dette et pèse sur l?emploi. L?acier est raflé sur la planète par les industriels chinois ? y compris les déchets à recycler ! ? pour cause de modèle économique fondé exclusivement sur l?industrie lourde. Vieille idée communiste là encore, qui vient tout droit de la conception XIXe siècle du “progrès”. Le pétrole et l?acier voient leur prix monter dans le monde entier à cause de l?activisme chinois et la Chine, qui importe beaucoup de ces matières, subit en retour le choc inflationniste.
… et des catastrophes naturelles
A cela s?ajoutent les éléments naturels. La météorologie, due en partie au changement du climat renforcé par les pollutions industrielles (la Chine y prend une grande part), a retardé des plantations, noyé des récoltes, réduit la production de céréales. Le taux officiel d?inflation chinoise est bloqué à 8% depuis quelque temps, mais cet affichage « politique » ne représente pas la réalité quotidienne. Le prix du riz a grimpé de 60% en Chine depuis le 1er janvier. Le prix des viandes nourries aux céréales (poulets, cochons) a grimpé de concert, de même que leurs dérivés : ?ufs, lait, graisse. Autre événement naturel, le tremblement de terre du Sichuan a fait au moins 100 000 morts, 12 millions de déplacés, 20 milliards d?euros de pertes. Il a fragilisé les barrages hydroélectriques, les usines locales, désorganisé la production, fait grimper les prix.
L?inflation a été la cause originelle des tensions sociales qui ont conduit à la révolte de Tian An Men en 1989. Le pouvoir communiste chinois a eu chaud. L?inflation actuelle exacerbe le ressentiment populaire d?autant qu?il est brutal et que presque aucun filet de sécurité n?a encore été mis en place (chômage, santé, retraite). La corruption des autorités est manifeste, les écoles du Sichuan ? bâtiments publics construits sur fonds publics et maîtrise d??uvre publique – se sont écroulées plus vite et plus radicalement que les usines privées alentour. Plus de 10 000 enfants ont péri; les secours ne se sont organisés que lentement; très peu de moyens de levage étaient disponibles dans cette zone pourtant à risque sismique élevé. Cette incurie est venue s?ajouter à la gestion indigente des revendications tibétaines l?hiver dernier.
Quand le peuple a faim, que l?Etat ne protège pas ses enfants, que les élites vivent entre elles et se servent dans les caisses publiques – le peuple gronde.
Quand le modèle économique date de plus d?un siècle et qu?il n?est manifestement pas soutenable à horizon de 20 ans – le pouvoir va dans le mur.
En effet, comment envisager de prolonger les tendances actuelles durant les prochaines années comme si de rien n?était ? Il n?y aura ni assez de pétrole, ni assez de métaux, pour assouvir la gourmandise du modèle actuel de production chinois. La vieille habitude communiste est d?ignorer les réalités jusqu?à la catastrophe finale (Tchernobyl, mer d?Aral, mur de Berlin). Seule la “volonté politique”, d?après la vulgate marxiste, doit primer sur la nature et sur l?histoire.
Voire? Les investisseurs avisés ne s?y trompent pas. L?inflation en cours et les limites de la croissance font déjà anticiper une baisse de 17 à 20% des bénéfices des sociétés industrielles cotées. La bourse de Shanghai a baissé de plus de 50% depuis le début d?année.
Après les financements court terme asiatiques en 1997, les actions technologiques américaines en 2000, les obligations subprimes en 2007, l?immobilier en 2008 – l?année 2009 verra-t-elle le krach des bourses émergentes, emmenées par la Chine ?
Même si le potentiel des grands pays comme la Chine et l?Inde reste intact pour le siècle en cours, l?investisseur doit savoir raison garder. Son univers n?est pas le siècle mais l?année, et les quelques suivantes. Dans l?incertitude majeure d?aujourd?hui, ce ne sont pas les pays les plus fragiles à court terme qui devraient résister le mieux.
Alain Sueur
- Ressources de base: toujours un fort potentiel :
Ces derniers jours, les indices boursiers européens sont revenus au contact de leurs plus bas annuels inscrits en mars dernier, dans l’indifférence généralisée des médias peut-être déjà englués dans la torpeur estivale. Pourtant, les places financières du Vieux Continent accusent en moyenne un recul de 20% depuis le début de l’année. Seulement, la baisse de ces dernières semaines a été sournoise car rampante, et donc moins perceptible que le mouvement de panique de janvier. Il faut dire que cette fois, les journalistes un peu simplistes n’avaient pas de “trader fou” à se mettre sous la dent.
Une baisse qui fait peu de bruit…
En attendant, le secteur bancaire a perdu 22% depuis le 2 mai, celui de l’assurance 12% et celui de la construction 20%. Or la faiblesse du nombre de puts (options à la baisse) traités ces dernières semaines me fait dire que le marché n’est pas inquiet.
Le contexte actuel devrait pourtant inciter les intervenants à se prémunir d’une nouvelle phase de baisse en couvrant leurs positions, mais nombreux sont ceux qui estiment que le pire de la crise est derrière nous et donc que les marchés devraient reprendre le chemin de la hausse sous peu.
… mais qui pourrait bien durer
Il est certes trop tôt pour envisager une poursuite immédiate de la baisse après un recul d’environ 12% des quatre principaux indices européens (Eurotop 100, FtsEurofirst 80, EuroStoxx 50 et Stoxx 600) en l’espace d’un mois. Mais le risque baissier demeure particulièrement élevé, et je n’exclus pas une nouvelle phase d’accélération baissière d’ici les prochains mois. Il me semble donc préférable de se tenir à l‘écart du marché des actions pour ce prochain trimestre, le risque de marquer de nouveaux plus bas étant assez élevé.
Un secteur performant et qui reste bien orienté
Toutefois, dans cet enlisement, un secteur conserve la faveur des investisseurs. Sur les 18 secteurs européens que compte le DJ STOXX 600, c’est le seul qui conserve une dynamique de fond haussière à moyen terme selon mes critères, bien sûr. Il s’agit du secteur des ressources de base, directement corrélé aux matières premières, marché en plein boom depuis le début de la décennie comme vous le savez.
La configuration graphique du secteur fait état d’un parcours impressionnant : en l’espace de trois ans exactement, il a progressé de 200% (!). Et bien qu’il ait corrigé en début d’année, le secteur a repris un mouvement haussier jusqu‘à permettre l’inscription de nouveaux records annuels et historiques, à contre-tendance des indices boursiers.
Pour l’heure, la dynamique haussière a donc des probabilités élevées de se prolonger en direction des 600 points, niveau qui correspond au prochain obstacle théorique.
En même temps, ce compartiment de valeurs risque lui aussi de finir par être touché par les craintes de ralentissement économique ou par une nouvelle panique sur les indices. Et lorsque c’est le cas, comme en début d’année, le mouvement est pour le moins violent. Entre octobre 2007 et janvier 2008, le secteur a perdu jusqu‘à 40% ! Si vous tenez à rester positionné sur ce secteur incontestablement le plus performant depuis plusieurs mois prenez donc garde à la rupture du soutien à 440 points, ce signal risquant de mettre fin à la tendance haussière.
En pleine mutation, les ressources de base prennent de la vitesse
Pour ce qui est des composantes de ce marché, les compagnies britanniques d’extraction minière (très largement mondialisées certes, mais théoriquement britanniques) dominent clairement le secteur européen, puisque le quatuor composé de Rio Tinto (21,30%), Anglo American (16,47%), BHP Billiton (15,20%) et Xstrata (9,57%) représente 62,5% du secteur. Leurs activités sont concentrées autour des ressources suivantes : aluminium, cuivre, diamants, charbon, uranium, or, fer.
Le secteur s’est fortement concentré ces dernières années, afin de rechercher des économies d‘échelle, de faire face à la cyclicité des marchés et à l’essor des géants émergents. En témoigne la bataille de 2006 entre l’Indien Mittal (attaquant initial) et le Russe Severstal (chevalier blanc appelé visiblement pour faire grimper le prix de l’offre) pour remporter le sidérurgiste européen Arcelor. A noter par ailleurs la présence d’un deuxième Français dans les dix premières capitalisations du secteur (à auteur de 15%), la capitalisation d’Eramet, spécialisé dans le nickel et le manganèse, ayant progressé de près de 5000% (!) depuis 2003.
Ce secteur a le mérite d‘être l’un des rares à rester bien orienté, tout en étant fondamentalement sain (sa hausse n’est pas tant spéculative que fondée sur des données objectives, en l‘état de nos connaissances actuelles sur les besoins des principales économies mondiales et les réserves disponibles). Et sauf à prévoir une récession généralisée, miser sur ce secteur garde tout son sens.
Léo Golovine
© Les Publications Agora France, 2002-2008
————————————————————————————
Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice. - Pouvoir d?achat, une année brouillon :
Le débat autour des promesses de Nicolas Sarkozy sur le pouvoir d’achat résulte d’un immense malentendu. Le candidat puis le Président de la République, en affichant un discours très volontariste sur la question (« je serai le président du pouvoir d’achat ») a donné le sentiment que le pouvoir politique pouvait fixer le revenu des personnes. Dans une tradition gaulliste dont nous peinons à nous débarrasser, le volontarisme politique pourrait faire des miracles, et l’intendance suivra !
Tout ceci est évidemment faux. Le pouvoir d’achat, fondamentalement, est la résultante de la situation économique. Seule la fonction publique échappe à cette loi de la gravitation économique (mais pour combien de temps encore, et pour quels résultats : les fonctionnaires sont notoirement trop mal payés dans notre pays !).
Le pouvoir d’achat constitue en réalité la résultante de deux éléments : le revenu disponible des ménages (composé à 60% des salaires) et les prix à la consommation. Les salaires sont négociés de façon relativement décentralisée entre les entreprises et leurs employés. Ils dépendent d’une multitude de facteurs : profits, niveau de qualification, taux de chômage, charges patronales? Les prix sont fixés par des entreprises en concurrence, et dépendent largement de facteurs sur lesquels le politique n’a pas de prise, comme les évolutions de cours sur les marchés des matières premières énergétiques et alimentaires.
Pour influencer le pouvoir d’achat, la politique économique n’a que deux leviers. Du côté des revenus, elle doit mettre en place les conditions institutionnelles qui permettront à l’investissement et à la croissance économique de s’accroître durablement, et aux créations d’emplois de se développer. C’est tout le sens du rapport Attali. A cet égard, un certain nombre de mesures déjà adoptées ou en passe de l‘être vont dans le bon sens (la réforme du contrat de travail, le crédit impôt recherche, l’autonomie des universités) mais leur pédagogie n’a pas été faite. Du côté des prix, la politique économique peut faire en sorte que la concurrence dans le secteur de la distribution et dans l’industrie soit plus intense. Là encore, les réformes sont en cours, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Il existerait bien, en théorie, une troisième façon d’augmenter le pouvoir d’achat : diminuer les impôts. Mais près de 20 ans de laxisme budgétaire et de dégradation de l‘état des finances publiques nous empêchent d’utiliser aujourd’hui cet outil vers eux qui en auraient réellement besoin.
Ce sont donc, pour l’heure, les réformes structurelles qu’il convient d’approfondir, en gardant en tête le fait qu’elles auront un impact sur les revenus à l’horizon de quelques années, pas avant. Sur ce point, la politique du gouvernement est peu lisible. Encore récemment, lorsque j’interpellais le porte-parole du gouvernement Luc Chatel sur la question du pouvoir d’achat, il me répondait : « mais nous avons déjà pris une trentaine de mesures, du nouveau mécanisme d’indexation des loyers aux prix du gaz ! » A ce jeu là, le gouvernement s’expose à la frustration des Français. Car les mesures ponctuelles coûtent cher. Soit elles alimentent les hausses d’impôt de demain, et les ménages le sentent, soit elles mettent en difficulté des entreprises publiques qui ne peuvent fixer leurs prix en fonction des conditions de la concurrence. Et tout ceci pour un impact marginal, même pas ressenti par les ménages. Depuis un an, seule la loi sur la défiscalisation des heures supplémentaires aurait pu avoir un impact positif, à la fois sur les revenus et la croissance. Mais son passage par le moulinet technocratique de Bercy l’a rendu éminemment complexe, et difficilement applicable par les entreprises.
Espérons donc que la deuxième année du quinquennat verra le retour de la clarté et du bon sens. Imaginons un Président qui nous dirait : investissons dans l‘éducation et la recherche, laissons les entreprises faire leur métier d’entreprise, réorganisons la fonction publique, et les gains de pouvoir d’achat suivront. Il n’est pas certain qu’il y perdrait l’assentiment du peuple.
Nicolas Bouzou – Gérant de ASTERES (Analyses et Prévisions Economiques)
- L?action d?Amazon est-elle trop chère ? :
La société Amazon (AMZN – Nasdaq) n’a pas besoin de présentation. Son nom est synonyme de commerce sur internet. Son action est un des titres vedettes du Nasdaq. À 80$, son évaluation boursière en fait par contre sourciller plus d’un. Le titre se vend à un ratio cours/bénéfices de 67 et un ratio cours/free cash flow de 45 ! Ces ratios extrêmement élevés peuvent-ils se justifier ? L’action est-elle surévaluée ? Sans prétendre avoir une réponse définitive à cette question, voici tout de même quelques éléments de réflexion sur l‘évaluation boursière d’Amazon.
1. Sa position concurrentielle est exceptionnelle
Dans la tête de bien des gens dans le monde, Amazon est LE grand magasin d’internet. La marque de commerce est très forte et presque synonyme de commerce électronique. Bien entendu, les barrières à l’entrée sont faibles car il est facile de démarrer un site de commerce électronique. Par contre, il est très difficile d’atteindre un volume d’affaire comparable à Amazon car les investissements dans l’infrastructure technologique et logistique pour soutenir un tel volume se chiffrent en milliards ! Prenant avantage de sa taille et d‘économie d‘échelle importante, Amazon peut offrir des prix imbattables que la concurrence peut difficilement égaler.
2. Sa croissance ne fait que commencer
Dans l’histoire de l’humanité, le commerce électronique en est encore à ses balbutiements. Oublions un instant les prévisions pour l’an prochain et contemplons les vingt prochaines années : existe-t-il une société mieux positionnée qu’Amazon pour profiter de la croissance mondiale du commerce en ligne ? De plus, la nature numérique de ses activités rend la croissance de son chiffre d’affaire beaucoup moins dispendieuse. Un détaillant traditionnel comme Wal-Mart doit construire de nouveaux magasins dans de nouvelles régions pour accroître ses revenus. Amazon n’a qu‘à profiter de la croissance naturelle du commerce électronique pour augmenter sa clientèle. C’est un avantage considérable que de pouvoir faire croître ses revenus sans dépenses en capital majeures.
3. Une véritable vision à long terme
Il ne faut pas se leurrer, la plupart des sociétés publiques sont gérées de façon à maximiser les profits à court terme. Peu d’entre-elles sont prêtes à sacrifier une partie des profits du prochain trimestre pour des initiatives qui ne rapporteront que dans quelques années. C’est pourtant ce que fait Amazon avec son programme Amazon Prime qui offre des livraisons sans frais et illimitées en échange d’un montant fixe annuel de 79$. Le président et fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, dirige l’entreprise depuis 1994 et possède une vision à long terme que n’ont pas la plupart des dirigeants de grandes entreprises (dont la durée du règne est de trois ans en moyenne). Lorsque vient le temps d‘évaluer le ratio cours/bénéfices d’Amazon, il faut garder en tête que la compagnie pourrait générer davantage de profits à court terme (et avoir un ratio c/b plus bas) en adoptant les mêmes stratégies à courte vue que bien des corporations.
Bref, toutes ces qualités suffisent-elles à justifier un ratio c/b aussi élevé pour Amazon ? Je n’ai pas la réponse à cette question bien que je serais tenté de répondre “oui” dans une optique à long terme. Par contre, il est vrai que la marge de sécurité est minime à court terme et qu’un mauvais trimestre pourrait affecter grandement le cours de l’action.
On s’en reparle dans dix ans…

Philippe Rancourt, auteur du blog L’Entrepreneur Boursier.
- Double crise financiere : qui est responsable ? :
Comment voulez-vous retrouver la sérénité et repartir fermement dans une configuration haussière quand les orages grondent de toutes parts ? Si le pire semble avoir été évité, gardez à l’esprit que la situation économique est doublement en crise.
En premier lieu la crise bancaire dont nous vous rebattons les oreilles à chaque instant. Ne croyez surtout pas que c’est histoire de remplir du papier. Non, malheureusement il y a une bonne raison à cela. C’est l’une des pires crises à laquelle nous assistons, et les banques sont le reflet d’une économie.
Vous connaissez sans doute le dicton :
“quand Wall Street éternue, l’Europe s’enrhume”.
Eh bien, avec les banques c’est un peu la même histoire. Elles ont pris des risques énormes dans la distribution de crédits à tout va, les enlevant de leur bilan par le jeu de la titrisation pour ne plus les voir, et l’effet boomerang leur fait revenir en pleine figure les conséquences de leurs errements.
Conséquence : l‘économie se porte mal. A partir du moment où la crise a éclaté, les banques ont restreint drastiquement leurs offres de crédit. Et sans crédit, notre monde moderne fait grise mine, car les entreprises comme les particuliers ne peuvent plus emprunter, et par conséquent, investir.
Allô le plombier ? Nous avons une légère fuite de liquidités.
Avec ce genre de phénomène, on voit clairement que les banques sont les garants de la croissance future. Alors vous pensez, quand elles ferment le robinet. Cette crise a déjà occasionné 400 milliards de dollars de provisions ou pertes au niveau des banques. Une étude de Goldman Sachs présentée la semaine dernière a jeté un froid sur New York. En effet, elle estime que les banques concurrentes vont devoir lever jusqu‘à 65 milliards de dollars de capitaux pour faire face à de nouvelles dépréciations, qui vont continuer jusqu’en 2009.
Automatiquement, ces informations ont plombé Wall Street en faisant chuter le Dow Jones. Je cite les analystes de Goldman Sachs :
“Les banques ne vont pas commencer à aller mieux avant qu’un pic dans les coûts du crédit soit en vue. Les banques les plus faibles ne devraient pas profiter d’une consolidation alors que les accords entre banques sont toujours moins nombreux quand le crédit se détériore ; les grandes banques, elles, sont handicapées par leurs propres problèmes d’actifs et par des exigences comptables”.
Cette situation a toutes les chances de perdurer jusqu‘à l’amélioration des conditions de crédit et jusqu‘à ce que les banques reprennent confiance en se refinançant entre elles. La deuxième crise est en train de se mettre en place. Elle a bien commencé aux Etats-Unis, où les banques ont cherché à vendre les biens immobiliers, objets de leurs créances. Cela a eu pour effet de créer un accroissement des stocks immobiliers, provoquant une baisse immédiate des prix. Pour l’instant, cette chute est estimée à 15% dans les 20 plus grandes villes américaines, mais cela ne fait que commencer.
Il faut savoir que tout a débuté le jour où la Fed, et son président de l‘époque Alan Greenspan, a mené une politique agressive de baisse de ses taux directeurs. Il voulait contrer l‘éclatement de la bulle Internet et compenser les pertes subies sur les marchés actions en aidant à valoriser les actifs immobiliers et faire ainsi redémarrer l‘économie américaine.
La Fed a mis en application le principe du vase d’expansion. D’un côté le patrimoine des Américains baissait par la faute des marchés actions, de l’autre il se valorisait par une appréciation des actifs immobiliers. Simple, pratique, mais très dangereux, car ce genre de politique contribue à entretenir une spéculation d’un côté ou de l’autre. Et quand on crée une bulle, un jour ou l’autre, elle éclate à cause de la pression.
Messieurs les Anglais, dites merci à Alan Greenspan !
Vous vous dites peut-être que les événements aux Etats-Unis auraient pu servir de leçon pour les autres pays. Eh bien, pas du tout ! La stratégie américaine a même fait des émules, notamment en Angleterre et en Espagne.
Bien leur en a pris de suivre le modèle de leur partenaire américain, puisqu’ils se trouvent aujourd’hui à la veille d’une crise immobilière qui aura des conséquences directes sur leur marché intérieur. Les prix de l’immobilier dans ces trois pays devraient certainement chuter de 40% dans les deux ans à venir. La chute est d’actuellement de 15%, mais les stocks sont en train de gonfler. Et compte tenu du resserrement du crédit au plus fort depuis 1990, pour ne pas dire arrêt total, cette baisse devrait poursuivre sa descente infernale. En effet, on constate toujours un décalage d’au moins dix-huit mois entre le démarrage d’une crise immobilière et son apogée.
Ma stratégie : ne tombez pas amoureux de vos titres
Après tous ces propos peu optimistes sur la situation économique actuelle, passons à ce qui vous intéresse finalement le plus. Comment profiter de cette situation pour ne pas voir s‘évaporer vos économies, et au contraire, les faire fructifier ?
Eh bien laissez-moi vous dire que quelque part, vous avez une certaine chance. Vous commencez à investir au plus mauvais moment. Cela permet de saisir de véritables opportunités qui se présentent sur les marchés. Mais ce n’est pas simple non plus : il ne suffit pas d’acheter des actions en bourse. Acheter une bonne action au mauvais prix et au mauvais moment peut vous faire perdre pas mal d’argent. Or, un investissement, c’est fait pour en gagner !
Ne soyez pas sentimental
Il me semble important de rappeler quelques règles essentielles concernant les stratégies d’investissement. Tout d’abord, gardez bien à l’esprit que la somme que vous investissez ne devra pas vous faire défaut si jamais vous la perdez. Vous ne devez jamais investir plus que ce que vous pouvez vous permettre de perdre. Fixez-vous une stratégie et tenez-vous-y.
N’investissez jamais au hasard, ou sur un coup de tête, et ne vous attachez jamais à un titre. Cela peut vous paraître peut-être un peu naïf, mais nombreux sont les investisseurs qui ont perdu de l’argent à cause de l’affection qu’ils avaient pour une valeur !
Ne soyez pas aveugle !
Trop nombreux sont les investisseurs qui, une fois séduits par un titre, commencent par l‘étudier, le voient monter, et finalement l’achètent à un prix plus important. Dans un premier temps, la hausse se poursuit. L’investisseur se sent alors récompensé de son engagement et se prend d’affection pour la valeur qui lui est si gratifiante. Puis le cours monte, et notre investisseur en oublie les fondamentaux, la valorisation du titre, les raisons pour lesquelles il l’a achetée. Fatalement, ce qui devait arriver en bourse arrive puisque les marchés ne sont pas un long fleuve tranquille : le titre chute, revient sur leur prix d’achat? puis en dessous.
Et là, tel un amoureux éconduit, l’investisseur s‘énerve, puis déçu, blessé, il capitule et vend… à perte.
Vous croyez que cela ne peut pas vous arriver ? Erreur : cette attitude arrive à chaque investisseur. On s’attache toujours à un titre et l’on refuse de voir la réalité en face. Or dans les conditions actuelles, il est urgent d’investir de manière rationnelle, prudente mais efficace.
Frédéric Laurent
© Les Publications Agora France, 2002-2008
————————————————————————————
Nota bene : reproduction partielle ou totale de la présente Chronique STRICTEMENT INTERDITE sans accord écrit de la société éditrice.
Expressions enregistrées des moteurs
Expressions enregistrées des moteurs
1) le free cash flow le plus elleve du cac 40 2002 a 2007 / 1 fois |

